
Première release du label Those Opposed Record, qui s’est depuis largement développé. Un premier mot sur l’artwork et la présentation générale : une cover très sobre, bien dans l’esprit du groupe je dirais, un blanc froid, accompagné de photos de paysage suédois (je présume), distant, qui semble coupé du temps. Il y a des textes aussi, je ne pense pas que se soient les paroles, mais en même temps, c’est du suédois, donc au fond j’en sais rien.
Au niveau du son, les compos d’Hypothermia proposaient parfois un son à la limite de l’acceptable, hyper saturé, limite trop en fait, avec une prod moyenne en tape, on ne pouvait apprécier pleinement la musique. Mais sur cette galette, un effort a été fait : on garde le son saturé, marque de fabrique d’Hypothermia, mais de manière beaucoup plus audible (oui, je fais parti de ceux qui pensent qu’une prod volontairement mauvaise mais travaillée rajoute à l’ambiance finale).
Passons maintenant à la musique. Hypothermia m’était déjà quelque peu familier, au travers de quelques démos tapes et du split avec Durthang notamment. Le projet délivre un black metal lancinant, hypnotique de par sa répétitivité, et surtout désespéré de par ses ambiances glaciales. Ce que propose Hypothermia, ce n’est pas un black angoissant et suicidaire, comme un Shining par exemple, mais plutôt une sorte de balade mélancolique. Il me semble que couramment, il est admis que la mélancolie est un simple état d’âme, un simple passage de tristesse, et qu’il s’agit de quelque chose de moins intense que la dépression. Il n’en est rien. La mélancolie est une des dépressions les plus profonde. Et ce que retranscris Hypothermia avec cet album, c’est cette mélancolie.
Deux morceaux, pour une durée total de 46 minutes à peu près. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Hypothermia demande de s’investir réellement dans la musique. Il faut passer au-dessus de la longueur des morceaux, au-dessus de la répétitivité, pour pouvoir apprécier. Autrement dit, il faut écouter sans écouter. Hypothermia n’est pas un groupe qui produit de la musique technique, non, loin de là ; Hypothermia cherche juste à produire un effet sur l’auditeur, à créer des ambiances. Dès lors, il ne faut pas s’attacher aux compositions même, mais plutôt à ce qu’elles produisent. Je pense que certains seront rebutés à cause de cela, ils jetteront un oreille furtive et diront « rien d’extraordinaire, trop répétitif ». Ceux-la n’auront pas compris la musique d’Hypothermia. Installez-vous dans un fauteuil, un soir, éteignez les lumières, et laissez vous entraîner par la musique. Vous sentirez alors tous ces sentiments de noirceur vous envahir, angoisse, tristesse, douleur. Hypothermia est le genre de groupe qui, une fois familiarisé avec l’album, est capable de s’insinuer pendant un long moment en vous : même une fois l’album finit, les sentiments restent. Et si un album est capable de marquer votre esprit même après l’écoute, c’est qu’il est vraiment intense. Juste un mot sur la voix, je la trouve parfaitement adaptée au style, angoissée, maladive, imprégnée d’une profonde tristesse.
Pour résumer, je conseille fortement cet album aux amateurs du style, ils ne seront certainement pas déçus. Les autres pourront jeter une oreille, s’ils sont prêts à appréhender l’album sans a priori et à se laisser porter par la musique.
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