Musique et tergiversation sur tout et rien, surtout rien.

lundi 24 juin 2013

Blut Aus Nord - What Once Was Liber I & II


Il y a bien longtemps que je n’ai pas écris un peu sur un album ou un groupe. Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir écouté de la musique, partout et dans tous les sens, mais le temps restera toujours pour moi une énigme et continuera à me filer entre les doigts sans que je puisse le retenir : ceci explique en partie pourquoi je n’ai plus rien écrit depuis… je préfère ne pas compter. Et puis soyons honnête, il y a eu un peu de flemme aussi. Tâchons de réparer ça, pour aujourd’hui au moins.



 Blut Aus Nord jouit d’une certaine réputation dans la scène black metal et sans doute plus généralement metal, réputation qu’ils n’ont pas usurpée. The Mystical Beast of Rebellion et The Work witch transform God restent pour moi les deux pièces maîtresses de Blut Aus Nord, ravivant à chaque nouvelle écoute l’angoisse première qu’ils m’avaient procuré, chacun à leur manière. L’écoute nocturne de ces deux œuvres, les yeux dans le vide, sidéré par l’écho de la musique avec mon propre chaos intime, m’a laissé longtemps sans voie. Encore aujourd’hui, écrire sur ses albums me paraîtrait une tâche impossible. Mon décrochage d’avec le groupe s’explique sans doute finalement par la perte, peu à peu, de l’énergie qu’on trouvait sur ces deux albums. Comme s’il y avait eu une dilution de leur créativité et de leur intensité. J’avais trouvé Odinist trop « anodin » (bien que sympathique) pour un groupe de cette trempe. La poursuite de leur premier Memoria Vetusta m’avait aussi laissé passablement indifférent : Dialogue with the star a cette fâcheuse tendance à m’endormir, allez savoir pourquoi.

What Once Was a pourtant réussi à réveiller l’angoisse, en me ramenant directement aux ambiances de l’époque. J’en fus le premier surpris, car j’avais plus ou moins mis en berne le groupe, sans plus rien en attendre, écoutant éventuellement de temps à autres les anciens albums.
La claque fut de taille, car ici Blut Aus Nord replonge dans une musique nettement plus abrasive, en complet décalage avec la subtilité certaine de leur dernière trilogie. Exit la pose d’ambiance chiadée, bien travaillée, exit les constructions complexes. On y retrouve toute la force dévastatrice de Blut Aus Nord, cette capacité à s’insinuer dans le crâne et à imposer sa terreur, jouant avec nos peurs et nos trippes, jonglant avec les ambiances pour mieux tirailler l’esprit.

Le plus curieux reste pour moi la sensation que la musique offerte sur ces deux galettes n’a rien de nouveau, elle n’est pas expérimentale du tout et on pourrait même dire qu’elle est relativement classique, y compris dans les ambiances qui restent plutôt du côté du « déjà entendu ». On a donc du black metal quasi « nostalgique », proche d’un death old-school parfois d’ailleurs, avec des ambiances qui puent le souffre et la folie. Bref, Blut Aus Nord donne un peu l’impression de s’être livré là à une régression un peu facile, et c’est tout juste si on n’a pas la sensation au départ d’écouter un album qui aurait du sortir il y a un peu plus de 10 ans.

Mais voilà, je dois bien reconnaître qu’appréhender ces deux albums avec objectivité est un non-sens. Car là où Blut Aus Nord excelle, c’est justement dans la manière tout à fait singulière qu’il a de manipuler ses ambiances pour en extraire l’essence même et la distiller par tous les sillons de ces vinyles. On est comme happé par une bouffée de noirceur étouffante, balancé dans un labyrinthe glauque et moribond dans lequel on se perd malgré nous avec effroi. Les horreurs rencontrées ici où là semblent faire écho à nos propres monstres, nos propres angoisses, et au final j’ai retrouvé la sensation qui m’avait tant scotché sur The Mystical Beast of Rebellion. Les écoutes différentes permettent d’ailleurs de découvrir une construction beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, révélant le travail d’ambiance extrêmement fin et complet auquel s’est livré le groupe pour constituer un univers cohérent et extrêmement efficace.

What once was… est donc un diptyque sidérant, d’une intensité bluffante et quasiment sans fausse note. Blut Aus Nord a curieusement su raviver un feu ancien sans tomber dans une simple nostalgie, parvenant ainsi à proposer une musique envoûtante et puissante, aussi complexe que ses dernières créations (la trilogie 777, notamment). Il ne me reste qu’une question, basée sur le titre lui-même : ce qui fut autrefois. Si l’expression paraît adaptée au style pratiqué, est-ce une manière de nous dire qu’il s’agit là de morceaux créé à une autre époque auxquels nous n’auront désormais plus droit ? Ou pouvons-nous au contraire espérer que le groupe ait souhaité raviver des ambiances qui lui sont chères, laissant ainsi entrevoir la possibilité d’une suite ? 






 

mardi 18 décembre 2012

Philémon



Il y a peu, par un quelconque jour d’été passé à rêvasser en écoutant de la musique, je me suis soudain souvenu de Philémon.  Mais oui ! Ce personnage au t-shirt trop court, bleu rayé de blanc, qui marchait toujours pieds nus, et qui, surtout, se promènait dans un univers peu commun…
 
C’est cette réminiscence un peu légère qui m’a poussé à retrouver le monde de Philémon, accompagné sans doute d’un brin de nostalgie, celle de l’époque où j’allais religieusement farfouiller dans les trop peu nombreux bacs de bandes-dessinées de la bibliothèque municipale du village, en quête d’une nouvelle découverte qui puisse m’emplir un peu le crâne d’autre chose que l’ennui. Mais l’heure n’est pas à la rédaction de mes mémoires ni à l’évocation de mes madeleines proustiennes.

Or donc, alors même que je me mis en tête de retrouver ces bandes dessinées, je tombai nez à écran avec l’intégrale sortie par Dargaud courant 2011. Trois tomes regroupent donc les quinze volumes de la série. Bien sûr, si fanatique j’avais été, j’aurai surement été amené à maugréer cette réédition et privilégier les authentiques bd, tome par tome. Oui mais voilà, cela m’aurait amené à chercher pendant des lustres chaque tome, en espérant tomber sur de bon prix sans que l’objet soit en mauvais état. J’ai donc privilégié cette version « intégrale », question d’économie aussi. Au final, si l’épaisseur du volume peut faire craindre pour la pérennité de l’objet et si le format un peu plus petit que l’original n’est sans doute pas le meilleur choix qui soit, je reste globalement satisfait de la qualité de l’objet. Surtout, je salue cette réédition qui permet de remettre en avant cette bd si facilement oubliée.



Bien sûr, il s’agit aussi de redonner ses lettres de noblesse à Fred, l’auteur, né en 1931, qui a notamment participé à la création du journal Hara-Kiri dans les années 1960 avant de passer un peu plus tard chez Pilote. C’est dans celui-ci que Philémon va voir le jour, en 1965, avant de se retrouver héros d’album à part entière, pendant environ une vingtaine d’année. A côté de ça, Fred réalisera bien d’autres albums, puisqu’il ne souhaitait pas s’en tenir à un seul héros.
Lorsqu’il arrête sa carrière, Fred fait une sévère dépression, dont il parviendra à sortir… en reprenant sa plume. Il semble que l’album « L'histoire du corback aux baskets » soit d’ailleurs tiré de cette expérience, et il se peut bien que ce soit mon prochain achat… Mais revenons à notre sujet.


Philémon est un adolescent qui vit à la campagne chez ses parents, accompagné par son âne Anatole, un mangeur notoire de chardon. Tout commence lorsque, chargé d’aller chercher de l’eau dans le puits, Philémon récupère à plusieurs reprises une bouteille avec un message à l’intérieur : « Au secours ! ». On devine la suite : la curiosité (quasi symptomatique) de Philémon, l’entraîne au fond du puits, qui se révèlera être un passage vers un autre monde : celui des îles formées par les lettres de l’océan Atlantiques, comme si les inscriptions que l'on voit sur les cartes et autres globes terrestres se révélaient être de vraies îles.

De là découlera toute l’épopée de Philémon : rencontrant le vieux puisatier (celui-là même qui avait creuser le puits/portail) sur le premier A, nous voilà embarquer, au fil des tomes, dans un voyage qui nous fera passer d’un monde à l’autre, de la réalité au rêve en quelque sorte, à moins que ça ne soit l’inverse. Toujours happés entre ces deux mondes, aidés dans leur tâche par l’oncle Félicien qui leur indiquera les entrées et sorties du monde des lettres, nous découvrirons peu à peu chaque lettre et son univers si singulier. A ce titre, je conseille à ceux qui se risquerait à se procurer cette bd de ne pas se fier qu’au premier tome, mais plutôt d’aller au moins jusqu’au deuxième, « Le Naufragé du A », puisque c’est avec celui-ci que débute réellement l’aventure de Philémon.



Si je craignais que le temps ne m’ait joué un tour et que je ne découvre qu’une fade bd sans imagination, ruinant ainsi les jolis souvenirs que j’en avais fait, je dois bien dire que j’ai été soufflé une nouvelle fois par tout ce qu’offre Philémon. En effet, on est subjugué de bout en bout par la créativité de Fred, qui parvient à créer un monde totalement hallucinant, ode à la fois au psychédélisme (les dessins parlent d’eux-mêmes…) et à l’absurde, entremêlant de nombreuses références dans tous les sens (juste à titre d’exemple, on pourrait évoquer Arthur Imbo, marchand d’armes, et son bateau ivrogne qui fonctionne au rhum). Les histoires sont emplies de détails et de jeux de mots, le tout fonctionnant sur un caractère fondamentalement onirique voire emprunt de naïveté enfantine, ne se souciant pas de réalisme et de cohérence scientifique, mais fonctionnant plutôt sur le principe de l’association d’idée et s’influençant ainsi de l’Inconscient psychique (ainsi, qui d’autre mieux qu’un morse pour envoyer un SOS sur un navire en perdition, et quoi de plus normal qu’un bateau-théâtre abordé par des criticakouatiques ?). Peut-être s’agit-il aussi d’une manière pour Fred d’aborder la question de la folie, à la fois en la représentant par l’intermédiaire de personnages loufoques, mais aussi par l’intermédiaire de Philémon qui se retrouve confronté à un monde qu’il ne comprend pas. On pourrait ainsi se demander si l’œuvre elle-même n’est pas pour Fred une manière de sublimer ses propres questions existentielles, son propre rapport au monde. Quoi qu’il en soit, L’ensemble apparaît très nettement surréaliste, la pensée et la rêverie régnant en maître sur la raison et les normes, qu’il s’agisse du contenu comme du contenant d’ailleurs, puisqu’à de nombreuses reprises Fred joue avec le cadre des cases, les faisant même parfois disparaître. Quelle plus belle manière de nous dire subtilement qu’il nous appartient de sortir du cadre et de jouer avec ?  Que ce qu’on croise dans ce récit ne demande qu’à être approprié par nous-mêmes ? Fred semble ainsi nous-dire qu’au fond, cette bd n’existe pas, qu’elle n’est qu’un passage entre la réalité et notre imagination, tout comme le puits.



Difficile d’en dire plus, tellement il y a de choses à décrypter. A la fois hommage à l’imaginaire et critique de l’autoritarisme de la norme, Philémon, malgré son âge avancé, apparaît comme une soupape dans la pensée contemporaine, démontrant avec aisance la créativité infinie de la pensée et de l’humour. A mettre entre toutes les mains, surtout celles des incrédules comme Hector, le père de Philémon, symbole des angles obtus…

Et mieux encore, alors même que j’écris ces lignes, je viens de découvrir que Fred aurait repris du service et aurait déjà réalisé les premières planches d’un prochain Philémon…


De quoi vous donner une petite idée de tout ça : batbad.com

vendredi 30 novembre 2012

Shining - Redefining Darkness




Redefining Darkness est donc le 8ème album de Shining. « Le plus sombre » comme d’habitude évidemment, accompagné avec toute la pseudo promo sur l’absence de la numérotation romaine et le design de la pochette. Qu’en dire ? Rien, car il n’y a fondamentalement rien d’intéressant là-dedans. La pochette est globalement laide et n’apporte pas grand chose au propos du groupe (l’ombre dans la lumière et tout ça… sérieusement ?). Quant à l’arrêt de la numérotation, celui-ci ne fait même pas sens puisque le groupe poursuit dans le style lancé avec leur sixième album, sans évolution majeure, sans rupture avec ce qui a précédé.

Mais reprenons un peu en avant si vous le voulez bien. Klagopsalmer m’avait plu, malgré la déception comparé à Halmstad. Je m’étais dis que le groupe expérimentait sans doute de nouvelles pistes, ce qui nécessite forcément un temps d’adaptation, de recherche. Les compos m’apparaissaient non abouties, mais pas inintéressantes pour autant. Seul défaut de l’album : il est vite devenu insipide et ennuyant. La sortie du septième album m’avait rendu violemment sceptique également : je le trouvais mal mené, avec des idées brouillons non abouties, des ambiances tronquées pour être remplacées par de la bouillie de metal.

Et bien c’est la même chose ici. Rien n’est abouti, tout est réutilisé. Et vas-y que je te place un riff qui ressemble à un autre déjà joué sur un autre album mais un peu différent, et vas-y que je te réutilise des idées pas fraîches (et bim un zolie arpège, et bam un interlude au piano en guise de cinquième piste). Ouais mais ça ne fait pas tout. Alors hop, on mélange à ce qui sonne à mes oreilles comme une vilaine bouillabaisse metal, toujours aussi indigeste, sans personnalité, sans intensité émotionnelle et surtout sans intérêt. Bref, Shining secoue toujours les mêmes éléments et obtient donc globalement la même sauce que sur ses deux derniers albums. Je n’ai rien contre les groupes qui suivent une ligne plutôt intégriste quand à leur manière de composer et jouer de la musique, ni contre les groupes qui expérimentent et tentent d’évoluer. La question qui me reste pour juger d’un parti pris artistique sera toujours l’ambiance globale et sa cohérence générale : ici, rien ne semble tenir la route, l’écoute n’est pas fluide et au final on se lasse.

Reconnaissons tout de même que Kvarforth et son équipe ont encore quelques bonnes idées, dissimulées ici ou là. Le retour de quelques riffs plus black par exemple (sur le premier morceau surtout) ; un son de basse toujours aussi imposant et rond ; des arpèges qui malgré leur prévisibilité apparaissent tout de même remarquablement travaillés, donnant une vraie profondeur à la guitare sèche (un peu comme sur Halmstad… mais juste un peu). Et puis il y a aussi ce second morceau, qui me fait dire « mais quel gâchis ». C’est à mon sens la seule compo réussie sur cette galette, ce qu’on doit en partie à l’utilisation d’un saxophone qui porte une grosse partie de l’ambiance globale du titre et apporte aussi un nouveau visage au groupe, ébauché depuis un certain temps déjà, autour d’un aspect plus nostalgique que désespéré. Quand j’entends ce morceau, je ne peux m’empêcher de penser que le reste est raté. Pire encore, j’ai la désagréable sensation que le groupe aurait sincèrement pu faire quelque chose de bon, voire d’excellent, quand je regarde leurs trois derniers albums : ça fourmille de bonnes idées, qui ne demanderaient qu’à être approfondies, mises en avant, construites, accompagnées à bonne escient. Mais ça, c’est le boulot d’un vrai groupe.

Je n’attendais rien de spécial de cet album, mais pas à ce point… Que Shining cherche à innover, pourquoi pas. Qu’il songe à utiliser des structures pop mélangées à du metal conventionnel, je n’ai rien contre. Qu’ils essayent d’approfondir ce qui avait rendu Halmstad exceptionnel, c'est-à-dire toutes ces parties blues, je suis absolument pour. Mais pour l’amour de la musique, qu’ils réécoutent ce qu’ils font et qu’ils prennent le temps de composer un vrai album, de bout en bout, plutôt que d’agir à la va-vite et de tout gâcher.  Il est rare que je descende une sortie, et c’est davantage d’un coup de gueule dont il s’agit ici : le groupe vaut mieux que ça et il le sait.

dimanche 18 novembre 2012

Atriarch - Forever the End





Il y a bien longtemps que je n’avais pas déniché pareille musique… Ce premier album d’Atriarch (à moins qu’il ne s’agisse d’un ep ?) m’était complètement passé à côté des esgourdes, et c’est la sortie toute récente de leur second opus (Ritual of Passing, chez Profound Lore) qui m’a fait me pencher sur les américains issus de l’Oregon.

Forever the End a vu le jour en 2011 chez Seventh Rule Recordings, soit deux ans après la création du groupe. Quatre morceaux pour un peu plus de trente-cinq minutes, une durée correcte pour un premier effort, de quoi s’humecter le cerveau avec leurs ambiances sans se retrouver à sec trop vite, tout en laissant naître la curiosité de voir la suite.

Et il faut bien reconnaître que le groupe a réussi là un petit tour de force. Car si dans l’ensemble il n’y a rien de transcendant ou de fondamentalement novateur, le groupe se dégage du lot par la force de son propos, l’intensité de ses compositions et le feeling joyeusement malsain qui se dégage de leur galette. D’ailleurs, c’est à peine si on remarque les petits défauts de l’album, à savoir un son peut-être un poil cheap mais qui vient pourtant renforcer l’aspect crasseux de la chose ; et également certains riffs pouvant paraître quelque peu évidents, mais qui restent néanmoins toujours accrocheurs.

Question ambiance, on oscille entre des résonnances distordues, comme enfermées dans une bouteille bien trop vide ;  des sons de claviers erratiques dont on ne sait pas s’ils proviennent d’un black metal ambient et dépressif ou d’un doom death au relent goth et funeral en même temps ; des influences légèrement rock parfois, bien que pas « 'n roll » du tout ; une batterie funéraire ; du riffs lourds et lents comme ce devrait toujours l’être, quasi drone ; une basse évidemment ronflante et écrasante ; une alternance schizophrénique entre hurlements torturés très black metal, growls glaireux et chant clair incantatoire aussi halluciné que désespérément post-punk. Bref, on croise un beau mélange de genre, et l’on pense en même temps à Urfaust, Hjarnidaudi, pourquoi pas Evoken, le dernier Ramesses aussi, The Gault évidemment, Funeralium et autres allumés du genre comme Wormphlegm, mais aussi certains groupes de sludge voire même de black dit dépressif (ceux qui parviennent à faire quelque chose d’accrocheur et pas complètement inintéressant en tout cas).

Avec tout ça, on se doute tout de suite que les thématiques abordées seront à la hauteur de ce qu’on écoute. La musique d’Atriarch est malade, rongée de bout en bout par l’angoisse, en proie à des idées noires tellement épaisses qu’aucune lumière ne semble pouvoir ne serait-ce que les écorcher. La mélancolie fataliste à l’extrême se voit érigée en philosophie et conduit au culte du vide spirituel, celui qu’on rencontre à observer le monde avec trop de justesse. A ce titre, les différentes voix utilisées donnent une profondeur indéniable à l’ensemble, en offrant une certaine largeur au panel d’émotions qui passe de la morosité à la rage, de la douleur existentielle à l’explosion de folie.

Atriarch nous offre ici un excellent premier essai, rivalisant aisément avec les chefs de file du genre. La maîtrise des compositions est évidente et la créativité bien présente. Tout est là pour offrir une suite digne de ce nom à ce Forever the End.